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Journal de bord de Catherine Dupire

Histoire du Journal de bord

Catherine Dupire en quelques mots

Photographie : A Contrario Galerie-Marie-Pierre Saunier

18 juillet 2007

Alain IRLANDES commissaire de l'exposition Dupire dans le péristyle de l'hôtel de ville de TOURS - mars 2008 - est venu me livrer une vingtaine de chaises "TOTEM" qui m'attendent alignées comme au spectacle afin de poser des personnages sur leur assise totémique - Nous entrons oralement dans le délire scénographique de la future expo.

   
La vie devient légère dans la projection dans l'espace de ce que sera cette invitation à déjeuner dans le péristyle de l'Hôtel de Ville - LUSTRE PEINT - ASSIETTES de présentation PEINTES - NAPPES ET SERVIETTES PEINTES - CHAISES-TOTEMIQUES PEINTES - Deux vaisseliers contiendront le reste des assiettes peintes avec cette main qui doit maintenant agir tout à l'inverse de ce qu'elle fait en peinture, MAIN , NE CHERCHE PAS DANS LA MATIERE L'ENIGME DE LA TOILE, ici nous sommes en présence de DAME PORCELAINE, il faut une main précise et légère, étaler la couleur sans y revenir trop, PAS DE GRAINS dans les PIGMENTS... BIEN DELAYER les poudres à l'aide de la térébenthine et du "gras" sorte de liant qui empêche la couleur délayée de sécher trop vite... attention aux épaisseurs, sinon tout craquera au sortir du four, la couleur ne tiendra pas et s'écaillera par endroit! tout doit être pensé d'avance !

Photographie de Catherine Dupire

 

10 août 2007

GENESE DE LA PORCELAINE
Bâche de 3,10 m x 3,10 m
L'oeuvre est constituée d'un ensemble de petites bâches d'environ 75 cm x 75 cm ayant servi à presser le kaolin. Ces bâches gisaient au sol de l'ancienne Manufacture La Reine (actuellement Atelier du Tulipier) à Saint-Yrieix la Perche en Haute Vienne.

Mon atelier – alors secret – dans une partie désaffectée de ce lieu me fit revivre les belles heures de la porcelaine. Cet endroit tout empreint des ondes des porcelainiers, décorateurs et ouvriers clame son glorieux passé à travers ce morceau de miroir resté accroché à une poutre, il me permettait d'imaginer l'ouvrière s'y admirant les lèvres passées au « Rouge Baiser » et là-bas, dans l'autre aile de l'usine, les ouvriers fêtant un des leurs. J'imaginais aisément les bouteilles d'apéro près de la tourette ou posées au sommet d'une pile de moules de toutes sortes d'objets qui seraient bientôt décorés et cuits dans les fours. J'imaginais la tête de l'ouvrier amoureux attendant impatiemment que la sirène retentisse pour aller flirter avec la décoratrice de l'atelier 3 et cet autre enfourchant son vélo pour filer au jardin cueillir les premières tomates.

Il pleut dans les endroits désaffectés de l'usine, je traverse un autre lieu dont le lierre prend possession à travers la fenêtre. La nature reprend ses droits, elle a toujours le dernier mot et c'est peut-être pour lui rappeler ces hommes et ces femmes qui firent naître de leurs mains ces précieux récipients utiles ou ornementaux que l'idée me vint de faire revivre seize moments de vies, seize portraits psychologiques, seize pleurs, seize cris de joie. Ces morceaux de bâches ne symbolisent-ils pas toute une vie donnée au travail en ce temps où le mot ouvrier portait noblement tout le savoir transmis de génération en génération avec toute la noblesse du geste ?

Mon Court métrage en 16 figures rend ainsi hommage à l'amoureuse, au rêveur, au poète, au vacancier, à l'inquiet, au récalcitrant, à la bonne amie, à l'Italien, la décoratrice, le contremaître, l'absent, le laborieux, l'amoureux, le chef comptable, le gars de Limoges, au directeur et à tous ceux qui donnèrent vie au kaolin découvert à Saint-Yrieix la Perche en 1768 par Jean-Baptiste Darnet.

« GENESE DE LA PORCELAINE » ou « Maintenant, crucifier le geste pour mieux le voir renaître de ses cendres ».

 

2 septembre 2007

Je continue de préparer l'histoire du grand banquet en prenant les photos des premières assiettes, je n'ai pas photographié le "pas de bol" ce grand bol trouvé brisé dans la poubelle de l'atelier du Tulipier. J'imagine avec joie le dressage des deux tables de dix huit convives chacune du grand banquet. Il faudrait que des lignes façon Mondrian sortent sous les assiettes de présentation, des lignes tracées sur la nappe, il faudrait que "tout mène à tout" -
Les chaises peuplent mes pensées, il faudrait qu'en quelques coups de brosses les personnages en surgissent et, guidés par les lignes de la nappe, trouvent dans l'assiette comme un reflet de leur visage, non pas le déjeuner à la PREVERT mais le déjeuner d'un DIMANCHE A LA CAMPAGNE -

21 octobre 2007

Hier, à l'usine de porcelaine "la Manufacture Royale" de St-Yrieix-la-Perche dans laquelle Patrick AUDEVARD a "l' Atelier du Tulipier" (où il édite des oeuvres d'artistes plasticiens intervenant sur porcelaine), j'ai écrit à la plume Sergent Major sur des plats carrés ces phrases qui collent à l'instant - sorte d'écriture automatique - et je suis également intervenue sur les petites boîtes - un travail plus que minutieux car les boites font au maximum cinq centimètres de haut - j'y ai tracé des visages et mon fameux LOVE que je n'hésite pas à coller partout et sur tout support persuadée que le monde manque furieusement d'Amour. AUDEVARD a cuit une de mes soucoupes au "petit feu", la soucoupe a la forme d'une larme, le noir dessinant l'oeil est impeccablement sorti, j'étais folle de joie car ce n'est pas évident que le noir sorte avec l'intensité voulue, on a toujours des surprises à la sortie du four, soit il s'agit d'un tour de magie, soit c'est le fiasco total.

19 janvier 2008

La soupière baroque n'a pas "écaillé" à la cuisson, ouf ! je la sacralise en lui posant au dessus de son chapeau une couronne dorée et je l'assieds sur une grande assiette façon "or" -
Ces petites boîtes à pilules sont au montage - sertissage qui sonsiste à relier le couvercle de la petite boîte et sa base - une des boîtes symbolise un fauteuil, le fauteuil compose le couvercle de la petite boîte, j'y ai peint au noir un bonhomme qui semble bien petit dans ce grand fauteuil en porcelaine qui n'est en fait qu'une minuscule boîte à pilules -
Quelle minutie pour peindre la porcelaine !... là je ne peux pas ATTAQUER le support comme mes grandes toiles ou mes papiers !... que non !... il faut lisser la couleur, le noir et le jaune sont les couleurs qui risquent le plus d'écailler à la cuisson !

Ce risque d'écaillage ne doit pas envahir ma boite crânienne sinon mon geste sera restreint, trop retenu par le risque d'écaillage après la cuisson -
Je dois m'exprimer sur ces mini boîtes avec toute la force avec laquelle j'aborde mes supports habituels... elles s'avèrent réussies mes petites boîtes - c'est une grande satisfaction, le défi est relevé pour cette fois encore !

 

23 janvier 2008

Entre sophistication et brut, plus de cent pièces seront présentées, cent pièces de porcelaine ayant connu l'alchimie de la couleur et du feu et du grand feu en ce qui concerne le bleu de four. Certains disent que les fours à cuire le bleu de four se font rares, je ne sais pas, je suis rentrée un peu par hasard dans le monde de la porcelaine... ce hasard qui fait si bien les choses!

Alain IRLANDES commissaire de l'exposition du Grand Banquet dit que je suis dans mon trip, il a écrit cela dans la préface du catalogue de l'exposition du GRAND BANQUET, le trip de la porcelaine c'est le feu sacré qu'il faut pour mener à bien ce projet FOU du grand banquet. Les gens commencent de s'installer sur les chaises totems - en peinture évidemment - ils démentent l'expression "ne pas pouvoir les voir en peintures" et "ne pas pouvoir se les goinfrer", ici, dans le grand banquet qui se bâtit un peu plus chaque jour, les gens se voient en peinture et on pourra se goinfrer au grand banquet !
Alain IRLANDES écrit encore "c'est jour de fête, les petits plats dans les grands et les assiettes dressées pour les convives nous attirent... Vive la couleur!"
Je retourne ce week end à la Manufacture, cette grande bâtisse est encore bien plus impressionnante le week end, personne ne vient animer les ateliers, pas de décoratrices, pas de clients, pas de camionnette à charger, pas de coup de téléphone, je suis la seule à réveiller doucement la belle au bois dormant .

31 janvier 2008

Hier, après avoir installé l'expo des gamins à la salle des expositions de l'Hôtel de Ville de Saint-Yrieix, je suis allée à la Manufacture de porcelaine dans cette partie non chauffée où j'essaie d'apprivoiser le noir, le rouge et le jaune, de lisser ces couleurs sans épaisseur. J'ai remarqué que l'humidité de l'air rendait l'adhérence des couleurs de manière différente ; il me semble que le temps idéal pour se tirer d'affaire et ne pas avoir cet "écaillage" au sortir du four est L'ETE mais l'on ne choisit pas !...

Alain IRLANDES vient avec son chauffeur tout enlever de ce grand banquet jeudi prochain !

La porcelaine a encore ceci de curieux c'est que plus l'on fait de pièces, moins on a l'impression d'emmagasiner de l'ouvrage!... Une fois empilée, la belle se fait oublier et alors me vient le grand frisson du : "pas assez ceci, PAS ASSEZ CELA".
J'y retourne cet après-midi apprivoiser le bleu de colbalt (bleu de four) sur le reste de la vaisselle du grand banquet.
Travailler au bleu de cobalt est beaucoup plus aisé : ce bleu n'écaille jamais à la cuisson. Les surépaisseurs donnent simplement des parties comme "oxydées" et j'en profiterai pour constater "l'état" de mes rouges et noirs sur les pièces réalisées hier.

1er février 2008

Cette photo annonce ma prochaine exposition Galerie PIKINASSO à ROANNE. Exposition qui présentera quelques rares pièces de porcelaine accompagnant les toiles et les totems, car la majorité des pièces sera présentée au GRAND BANQUET de TOURS du 8 mars au 4 avril 2008. L'exposition chez PIKINASSO est : "ROCK IN THE CITY" elle y sera présentée du 5 avril au 27 avril 2008 - Hier j'ai donc peint ma porcelaine à l'aide du bleu de cobalt mais aussi, la veille, j'ai utilisé le rouge, ROUGE qui symbolise un oeil grand ouvert dans l'assiette, un graphisme nerveux vient à peine amorcer le nez et la bouche du profil du personnage dont on ne retient que le tracé de l'oeil à l'aide de ce rouge un peu vermillon -

8 février 2008

Alain Irlandes est venu hier avec Brice chercher les pièces du Grand Banquet, je pense que tout compris nous ne sommes pas loin des deux cents pièces exposées en comptant la porcelaine, les chaises totems, la grande bâche "GENESE de LA PORCELAINE" que nous sommes allés chercher au dernier étage de la Mairie de St-Yrieix, là où elle était remisée car elle décore très souvent la salle de réunion de la Mairie. Elle est remplacée actuellement par ma "LIMOUSINE" grande bâche rendant hommage A LA RACE BOVINE LIMOUSINE qui figure également dans le film d'Annie MILLER et Alain JOMY "retour aux mille sources", film documentaire sur la belle région que j'habite actuellement (Alain Jomy a choisi d'y venir filmer en duo avec Annie MILLER car il est originaire d'ici). Alain JOMY est le compositeur de musique attitré des films de Claude MILLER.


Après ce petit détour, revenons au Grand Banquet : il y aura également des "Damiers"sur lesquels figurent des masques de porcelaine peints et mêlés aux mots - LES FENETRES : Alain Irlandes a tenu a les prendreégalement pour les faire figurer dans le Grand Banquet. les"Fenêtres": ces oeuvres figurent des gens derrière la lucarne de la télé ou le nez écrasé derrière la vitre à attendre l'évènement qui les fera "décoller" du quotidien, je lui ai demandé pourquoi il choisissait quelques pièces de la série "des fenêtres" , il m'a répondu que L'OEIL était très présent dans les fenêtres et que cela symbolisait pour lui les spectateurs du Grand Banquet. Une peinture réalisée sur une sorte de séparation en gros caoutchouc et peinte in situ à la manufacture de porcelaine accompagnera deux autres bâches retraçant à grands coups de brosse les spécialités de St-Yrieix : les pommes, la porcelaine et LE CUL NOIR (notre cochon régional!) - demain samedi, je retourne à l'usine y préparer d'autres pièces pour l'exposition de PIKINASSO à Roanne où la porcelaine y chuchotera le kaolin au milieu des Rockers -

 

Photographie de la couveture du catalogue : Alain Irlandes

Mes amis, veuillez noter la date du SAMEDI 29 MARS date de mon VERNISSAGE du GRAND BANQUET dans le péristyle de l'HÔTEL de VILLE de TOURS à 11 heures.
L'exposition a bien lieu du SAMEDI 8 MARS AU 5 AVRIL 2008.

J'espère vous voir au vernissage du samedi 29 mars - vous allez recevoir un carton d'invitation vous précisant tout cela très exactement -

BIEN A VOUS

 

1er mars 2008

Le catalogue va être superbe, il sacralise quelques pièces - les plus sobres du grand banquet - Je crois que l'ensemble va être assez dingue et je dis bien le mot « dingue », FOU, INGERABLE, INCONTROLABLE ! -


Alain IRLANDES va se « régaler » à installer le GRAND BANQUET.
Il a bien appuyé sur le fait que l'expression en était viscérale cela ne veut pas dire que je suis con, non, mais je suis également convaincue – tout comme l'était PICASSO et beaucoup d'autres artistes ayant marqué de leur empreinte l'histoire de l'Art – que le JE de l'Art est de laisser éclater ses impulsions plastiques souterraines mais souveraines -

Les trois Totems qui figurent dans le catalogue sont réalisés à partir des planches qui servaient à porter les objets au four, on laissait des heures l'humidité quitter le kaolin et l'on enfournait... le feu reste maître d'oeuvre mais le « métier » du porcelainier lui permet d'apprivoiser la cuisson. Mais revenons à cette photo des trois totems, Alain IRLANDES les a disposés de telle manière dans le catalogue (page 9, je crois) que j'ai eu de suite l'impression d'une connotation religieuse voulue et j'ai aimé cela : le totem du centre porte le mot CIEL à ses pieds.

J'ai reçu ce midi par courrier le carton d'invitation portant la date du vernisage du Grand Banquet : SAMEDI 29 MARS à 11 heures dans le péristyle de l'Hôtel de Ville de TOURS -
Le carton semble une conversation entre deux chaises... mais quelles chaises !!! C'est Alain Irlandes qui en a choisi le visuel et fait la photo, ça donne vraiment envie d'aller voir ce plat au bleu de cobalt tout échevelé et si peu dessiné qui figure dans le catalogue.

Photographie : AZO
Photographie : AZO   Photographie : AZO

Texte d'Alain Irlandes
commissaire de l'exposition


Je côtoie Catherine DUPIRE depuis plus de quinze ans. Je la suis, je la piste de la Vallée du Rhône au fin fond du Limousin. Je lui rends visite car, chaque fois c’est une rencontre improbable.

La jeunesse d’aujourd’hui pratique un vocable bizarre et use de la parole trip. « Elle est dans son trip ».
Je m’autorise l’emprunt et en fait une application directe sur le comportement de Catherine. Mais il n’est pas suffisant, il mérite même d’être décliné au féminin pluriel et oser avec ses tripes, car avec Catherine, c’est véritablement viscéral.

 

 

Photographie : AZO

Photographie AZO

Elle est non pas brutale, mais entière, elle n’est pas déboussolée, elle s’est inventée sa propre boussole en créant un univers qui lui est propre. A tout le moins onirique.

Je ne souhaite pas partager ses rêveries nocturnes, car elle doit y faire des rencontres que même la littérature fantastique ne décrit pas !

J’écrivais, il y a une douzaine d’années alors que je visitais une de ses expositions : « il y a chez Catherine une corrélation entre le diaphragme et la main, la tête est à l’autre bout ! » j’évoquais à cette occasion la célébration du cérébral et disais « que nous étions invités à la table du tripal, du viscéral ».

Et bien voici qu’aujourd’hui la table n’est pas une formule imagée, nous sommes véritablement invités à nous mettre à table pour partager les préparations qu’elle concocte dans son atelier de Saint-Yrieix le Perche. Nous sommes invités à son grand banquet.

Oyez, oyez, braves gens, venez festoyer, tournoyer autour des tables dressées dans le Péristyle de l’Hôtel de Ville.

Tout y est de la main de Catherine ; les chaises, les fauteuils, les consoles, les tables basses, les nappes qui drapent les tables et celles-ci sont dressées.

Photographie : AZO
Photographie : AZO

Nous sommes à Tours au cœur des châteaux de la Loire.

Alors que les choses soient dites : la vaisselle est au diapason, bien entendu en porcelaine de Limoges. Il ne saurait en être autrement et la blancheur immaculée du kaolin est revue à la manière de Catherine.

Au diable la tristesse, la monotonie des repas du quotidien.
C’est jour de fête.

Les petits plats dans les grands et les assiettes dressées pour les convives, nous attirent.

Vive la couleur.

Et comme cet ensemble se trouve réuni sous les voûtes de cet hôtel citoyen, des lustres créés pour l’occasion, viennent compléter l’agencement.

Et à la façon des grands miroirs d’une galerie de fêtes, les murs sont à l’unisson : tapisseries, peintures, objets du quotidien qui sur une console, qui dressés sur un vaisselier répondent à l’ensemble proposé au public pour faire la fête et partager le grand banquet.

Une élue en charge des droits de la femme avait évoqué le désir de mettre à profit le 8 mars pour honorer le jour qui leur est dédié et bien en cette année bissextile c’est Catherine qui a la lourde tâche de témoigner que la journée des femmes c’est tous les jours et toutes les nuits et qui, autour de ses tables dressées, on peut y faire la farandole le jour avec les amis, la nuit avec le malin.

Allons virevolter.

Musique !

Texte du catalogue de l'exposition

 

Texte d’Alain ARNEODO sur le GRAND BANQUET

Après sa visite à TOURS Accompagné de Blanche-Marie ARNEODO
en présence de Jérôme FELIN de la DRAC Limousin
De tous mes Amis et de Sophie GAURY ,
pour un Vernissage FESTIF

L’histoire repasserait les plats…
Les nourritures terrestres garderaient leur pouvoir de séduction…
A table les joyeusetés et les mochetés, le gras des mauvais jours
Et le sucre des dimanches… Nous avons eu tout cela à la fois en

Ta demeure sise à Tours…

Oublié l’Hôtel de Ville, tu recevais en maîtresse de maison, nous avions notre couvert et notre serviette, tu nous recevais à l’ancienne, somptueusement, finement, malicieusement, dans ton décor : nous soupions dans ton cinéma, dans ton Hollywood, dans ton Limousin amélioré, dans ta CREATION…

A nous de lever le petit doigt pour te faire honneur, te montrant que nous connaissions l’éducation des bonnes familles… L’histoire nous repassait tes chansons, tes maximes, tes couplets poétiques, des hors d’œuvre au dessert…

Une expo dans les assiettes … Nous nous hâtions d’enlever les viandes et les sauces afin de renouer avec le fil de tes récits…
De la musique au menu, mais dessinée, peinte…
Ton vin capiteux, ton vin érotique, ton vin spirituel dans nos verres : ce que tu verses dans les cœurs et dans les âmes… Ivresse de te goûter par les yeux…

Ton vin à toi…

Nous avons eu des mets qui prennent de la place, tu avais pensé à des carrés de grande surface : ta porcelaine voyait grand, conférait de l’aise aux marges manuscrites… Non contents de nous alimenter, nous lisions tes recettes et tes engouements… à tel point que chacun bouquinait dans son coin mastiquant avec indifférence l’autre cuisine, celle des toques blanches…

A toi les belles substances colorées, épicées, exotiques, sensuelles : imagine-t-on un bœuf troubadour, un saumon philosophe, une charlotte lyrique ?

Tu as le don d’animer le mangeur solitaire, de lui procurer des joies intenses piquées par le regard… Ton banquet risquerait de friser le salon où l’on rêve… Aux murs des témoins, des trognes en mal d’invitation : peut-être des jaloux, peut-être des pauvres qui n’avaient pas droit au service des V.I.P. Peut-être des récitants, de ceux qui jouent leur musique en râlant, en rouspétant, en postillonnant…

Des gens certes hors du cercle des initiés …

Des sans- bras, des sans manières, des sans grâces… Peut- être des exclus sur le buffet, peut-être d es morts de faim dans le triptyque, peut-être des masques d’hypocrites dans les vitrines… Nous étions rassasiés de toi, de ton AMOUR, de ta GENEROSITE…

Je ne t’embrasse pas la bouche pleine.

 

23 avril 2008

Oui Le Grand Banquet doit déboucher sur un fabuleux projet : une résidence d’artiste en CHINE (pour 2009 of course) – Non, rassurez-vous mes amis, je ne vais pas y aller faire du hulla hop avec les anneaux olympiques, que nenni, je vais simplement délirer au sein de la Wine Factory, y poser mes gens sur les chaises, y monter des sculptures avec ce fameux kaolin chamotté qui n’existe que là-bas, je vais pouvoir enfin délirer à mon aise et mettre les pieds dans le plat de la porcelaine – Je ne peux en dire plus pour le moment mais les choses sont en bonne voie -

14 mai 2008

Je suis désolée de ce qui s’est passé en Chine – La nature se rebelle – J’ai curieusement pensé au kaolin qui vient des entrailles de la terre – Les sculptures que je suis en train de dessiner partent d’un cylindre pour aller au centre dans un éclatement de formes.
La terre n’est-elle pas faite de feu et de sang ?...
La danse toromachique traduit bien ce danger d’être au monde.
Qui sortira vainqueur de ce corps à corps ?... L’homme ou la nature ?...


"Y'a pas d'quoi en faire un plat" (et bien si !)

16 mai 2008

La Manufacture de porcelaine sur le site de la Seynie de St-Yrieix-la-Perche lutte vaillamment pour se garder en vie –
J’ai demandé à Alain Irlandes lors de sa venue à St-Yrieix de prendre des photos de certaines parties de l’ancienne Manufacture de porcelaine.
Des milliers de moules s’étiolent sur des planches sous l’admirable charpente de ce lieu magique. Impossible de dire ce que vont devenir toutes ces merveilles et l’exposition du Grand Banquet n’aura même pas servi à mettre l’accent sur ce patrimoine en danger car, en fait, c’est surtout pour faire parler de la porcelaine et de ce lieu que je me suis exprimée sur la belle blanche –
Certes les grincheux diront : « Je ne suis pas la seule, d’autres avant moi, etc. » Ce à quoi je réponds toujours : « Plus on est, etc. » -

Ce lieu pourrait servir de résidence d’artistes, ce lieu pourrait contenir des ateliers d’artistes, de véritables créateurs pourraient recréer une sorte de Ruche, des panneaux signaleraient le lieu depuis le centre ville et, à l’heure de la communication tous azimuts, il serait aisé d’y faire venir des touristes l’été –
Des travaux de mise aux normes sont indispensables mais le lieu est encore suffisamment en état pour être de nouveau exploité sans cesser de le placer sous la houlette de la porcelaine, je veux dire du kaolin qui a fait les beaux jour de Saint-Yrieix (ville où JB DARNET découvrit le KALOLIN) et de sa région –

Je compte réaliser un livre en collaboration avec Alain IRLANDES, auteur des photos prises dans la manufacture -

 

Photographie : Alain Irlandes

16 juin 2008

Coup de téléphone dans ma chambre au Grand Hôtel de Roanne, "M. le Maire cherche à vous joindre de toute urgence, il va vous rappeler, où êtes-vous ?..." -

Il faut cogiter en quatrième vitesse une animation visuelle pour le pylône de la fontaine vers le C.A. de St-Yrieix... Grève des trains, pas de train pour Limoges et cette fontaine qui doit être peinte avant samedi ! Je reviens dans le magasin d'articles mortuaires d'Isa, Vincent ne répond pas trop occupé à sortir des solos sur sa guitare toute neuve... Vincent arrive enfin et me propose d'assister au concert de POLICE à St-Etienne le soir même - Sting, le chanteur de POLICE semble communier avec le ciel, ils sont très bons ce soir les musicos du groupe POLICE contrairement aux échos que j'avais eus de leur concert à Marseille - Je me laisse porter par leur tube : "Roxanne"... je pense un peu à la fontaine de St-Yrieix... tout sera simple et coulera COMME DE L'EAU DE SOURCE... of course -

Mercredi matin, Grand Hôtel de Roanne, je n'ai fermé l'oeil qu'entre 4 et 6 heures du matin - Pour rejoindre Limoges via St-Yrieix, il me faut prendre un bus à Roanne à 6h30 du matin, ce bus m'emmène à la Gare du Creusot prendre un train pour Paris. Arrivée à Paris Gare de Lyon, je traverse le pont et me retrouve à la Gare d'Austerlitz d'où je prendrai un train à 12h50 pour Limoges - Méfiez-vous bien des infos !.. et surtout lorsque l'on signale un trafic quasi normal... le mot quasi a une importance capitale !

Jeudi matin, je prends le chemin de la Mairie de St-Yrieix, je m'arrête et scrute la fontaine. Je vais commander en urgence les peintures pour béton avec Pierre des services techniques. Me voici face à la belle avec ce pylône qui ne m'impressionne même pas, je pense au concert de POLICE, je pense à Roxanne la belle que Sting la guêpe veut remettre dans le droit chemin, des visages se montent tout autour du pylône. Les voitures commencent de ralentir, je suis au carrefour, et je monte mon histoire sur ce pylône, je pense à Miro, je pense aux mots, l'orange épouse bien le bleu du fond, je me paie le culot d'un jaune pétard dans un des personnages. Les visages se démultiplient, ça devient comme une ronde, une ronde dont les visages démultipliés sont encore un peu dans le rock - je pense aux fleurs qui viendront souligner davantage ma fresque, je suis dans ma fontaine, je l'ai apprivoisée -

Un peu de mon voyage à Roanne, un peu du concert, un peu de l'expo des amis de Bidot chez PIKINASSO et de mon "nous voulons la paix des chiens" qui a fait un tabac à l'expo ! - un petit nuage de velouté d'anis histoire aussi de me souvenir du "Grand Travers", le nouveau restaurant des Trois Gros un peu en campagne du côté de Roanne et mon attachement à la ville de St-Yrieix, voilà, c'est un peu tout cela qui figure sur le cylindre soutenant la belle vasque de la fontaine aux fleurs de St-Yrieix -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10 août 2008

Marie VITOUX est passée me remettre le livre des vingt ans de sa galerie et ça m'a beaucoup touchée. Je lui ai parlé de tous mes projets : les sculptures polymorphes, etc.

Le lendemain, Vincent m'a rapporté les toiles de sa Galerie PIKINASSO ainsi que les deux jouets sexués qui restaient de l'expo érotique de 2006 -

Il m'a signalé que le nouveau restaurant des Trois Gros s'appelait "LE GRAND COUVERT" et non le Grand Travers mais c'est aussi amusant de l'appeler le Grand Travers !

Les doigts agissent... les sculptures se montent... c'est long ! Il faut attendre des mois afin que l'eau s'évapore du kaolin avant que de les confier au feu sinon tout pèterait ! Je vogue entre les toiles et la porcelaine... des idées me viennent et le temps manque. On dirait que l'été est propice aux grands délires artistiques, tout est en ordre dans le grand désordre, c'est peut être ça la vie.

14 août 2008

J'attends l'article du journal d'il y a quelque temps et qui, dans la rubrique "La Lorgnette", rendait compte d'un coup de fil à la mairie pour dire :

"Ça y est !!!! Ils ont tagué la fontaine..."

Il s'agissait bien sur de ma fresque !!!! Je serai tellement heureuse de récupérer cet article pour le mettre en ligne et prouver à quel point "l'inculture picturale" sévit en toute région. Il est vrai qu'un peuple mi-inculte est plus facilement gérable... Picasso, Matisse, Miro !!!!!! êtes-vous passés sur notre bonne vieille terre pour des clopinettes ?...


17 août 2008
En ce moment je suis au centre aéré où je fais faire un mur aux gamins et une mono de 18 berges vient et me dit : "Faut arrêter là, ça va pas l'faire avec le directeur du centre aéré ces femmes aux seins à l'air et tout, c'est un manque de respect pour nous les filles et puis c'est LAID ce qu'ils font les gosses sur ce mur !!!!!!!!!" Je lui ai répondu : "Casse-toi ma cocotte, tu n'as pas la prétention de me dire ce que je dois faire avec les gamins" et la fille outrée me réponds : "Je vous interdit de me parler comme ça, etc."

Pourtant, ce mur est magnifique... un vrai manque de culture chez certains jeunes : ils font coller aux enfants des perles avec le fer sur des feuilles d'après des modèles, enfin, ils ne risquent pas d'éveiller la curiosité des gamins en ce qui concerne l'art plastique!

 

 

3 septembre 2008

C'est la première fois qu'une vente d'art organisée par un commissaire priseur (AGUTTES) assisté d'un expert (STAL) a lieu sur une durée de 8 jours sur le net avant la vente finale à DROUOT.

4 septembre 2008

Et voici le fauteuil : EXPOSITION LE FAUTEUIL QUI AURA LIEU CHEZ A CONTRARIO GALERIE 6 avenue de la libération à LIMOGES du 11 septembre au 11 octobre 2008 sur un texte de Fanette Roche-Pézard "le meurtre du père dans un fauteuil - les fauteuils seront accompagnés de la toile de Paul Rebeyrolle "LE MANAGER" -

12 septembre 2008

Le vernissage de "FAUTEUIL" a eu lieu hier soir à la Galerie A Contrario à Limoges, Hubert de Blomac le boss d'A CONTRARIO GALERIE est à l'origine de l'espace Rebeyrolle à Eymoutiers, d'amples articles à la mort de Paul citaient l'origine de l'espace et saluaient l'entêtement d'Hubert de BLOMAC à faire réaliser ce bâtiment abritant actuellement certaines oeuvres de Paul REBEYROLLE.

Saluons très fort au passage la chaise de Bébé de plus de deux mètres réalisée par Françoise DUMY et la toile de Rebeyrolle "le manager" - Tout comme "Fais taire le chien", mon fauteuil (dont on peut me voir essayer le confort sur la photo jointe) a fait un tabac au vernissage, chouette, remarquez, on dirait un pétard tellement il est coloré !

 

 

Billet d'humeur du 26 septembre 2008

Incroyable, on vient de m'informer que l'on peut trouver sans mal mes coordonnées personnelles sur le net, je me rends sur le site et, effectivement je découvre que je suis collée d'office dans les-dits "singuliers" qu'il y a deux photos de toiles dont UNE PHOTO FLOUE et que l'on ne m'a jamais demandé mon autorisation pour divulguer cela ; au moins, soyons prévenus.

Je sais que l'artiste est le bouffon suprême et qu'il doit se considérer heureux d'être cité alors, je demande :

A QUAND LE TOUT PERSO SUR LE NET ?

Aujourd'hui c'est le tél. et l'adresse personnelle collés sans demande d'avis de l'artiste auparavant et, en plus, je ne sais pas si c'est vraiment rendre service à un artiste que de lui coller d'office une étiquette de "singulier". Qu'est-ce qu'un artiste qui ne serait pas singulier ?

 

Vendredi 3 octobre

Nous sommes allés avec les élèves de la classe de A. L. de l'école Jules Ferry de St-Yrieix visiter l'exposition "LE FAUTEUIL" à Limoges puis nous avons visité le musée Adrien DUBOUCHE, musée dédié à la porcelaine, c'est un magnifique endroit dont les vitrines abritent des pièces de porcelaine extraodinaires, ce lieu est à visiter absolument, après, on tombe vraiment amoureux de l'art de vivre et de l'art de faire aussi !

 

Cette encre sera vendue aux enchères au profit du Secours Populaire, beaucoup d'artistes et amis d'A Contrario galerie y participent : Ramon, Nathan-Ascher, Cueco, Dupire, etc.

 

Dimanche 19 octobre

J'ai reçu un CD de 140 de mes portraits réalisés par le peintre André Patte (décédé en 1987 à DIJON).

Ces portraits datent de 1980 je suis heureuse de vous faire partager en quelques oeuvres de Patte mon immense joie et ma chance !

 

Exposition PEINTURES AU POING au Conseil régional de Limoges

DU 18 AU 24 OCTOBRE

avec les oeuvres au poing de Ramon, Dupire, Digan, Cueco, Ernest Pignon-Ernest, etc.

Texte de Georges Châtain

 

2009 FAUDRA Y ALLER SUR LA POINTES DES PIEDS ! BON AN NEUF !

 

Dimanche 18 janvier 2009

Pour donner au journal de bord un avant goût d'été voici deux des kakémonos qui planent dans le ciel d'été de St-Yrieix pour signaler les activités. Ici : le sport et la gastronomie.

Dimanche 18 janvier 2009

T'es rock coco figure sur l'affiche annonçant la soirée JAZZ in ST-YRIEIX qui aura lieu le 23 janvier.

 

Vendredi 30 janvier 2009

Voici une partie de mon triptyque Au pied de mon arbre qui figure actuellement à la Galerie A 39 de Limoges. L'exposition a lieu jusque fin février et comporte soixante visions différentes sur le thème de l'arbre.

 

Samedi 31 janvier

Notre pays est un pays de CREATION !!!! C ’est rassurant en ces temps dits de crise (voulue, non voulue ?), il suffit de consulter certains blogs pour s’assurer du potentiel créatif existant dans le pays, je parle de la France car, en fait, je ne peux sérieusement suivre l’actualité des blogs mondiaux.

A ce sujet je rappelle le blog de dessin de Serghei LITVIN MANOLIU, ce blog permet de s’exprimer sur l’état de santé de l’Art et notamment le DESSIN – j’entends par le dessin non pas l’application laborieuse d’un trait sur un support mais le tracé personnel, l’arabesque devenue obsessionnelle qui permet de traduire la sismographie (si, si j’ai bien écrit sismographie) : la réaction de l’état géographique intérieur du faiseur face à une donnée observée extérieure -

 

Je rédige actuellement le troisième petit carnet sur Jean-Noël d’après les notes succinctes qu’il portait sur des agendas de poche. A la suite de l’envoi du premier Dialogue contre l’absence j’ai reçu avec bonheur, de Lucienne PEIRY de l’Art Brut de Lausanne, ce que je souhaitais et sans lui demander (il s’agit donc d’une mystérieuse transmission de pensée) : une lettre m’assurant de voir ces petits livres figurer dans la bibliothèque de l’Art Brut. Ces livres seront consultables par les étudiants. Une façon d’inscrire JN dans l’éternité.

- Je planche sur la réalisation de moules concernant les 1% d’une petite ville de CORREZE. Je dévoilerai tout lorsque ce sera en place : vers la fin du printemps.

- La faim de l’art continue à la galerie ARTGUMENT d’ESVRES.

- Au pied de mon arbre a lieu jusqu’au 28 février 2009 à la Galerie A 39.

- La Biennale des artistes (Ascher, Ramon, Audevard, Cueco, Dupire, etc.) organisée par et au profit du SECOURS POPULAIRE FRANÇAIS a lieu du vendredi 13 au dimanche 22 février 2009.

Samedi 28 février

Voici deux belles infos pour saluer le printemps !

- Une exposition à gauche.

- Et sur la photo de droite, la toile La Facétieuse et le morose qui figure dans le catalogue de la vente qui aura lieu le mercredi 25 mars 2009 à 17 heures (6 rue d'Ingwiller à STRASBOURG ). L'ensemble des oeuvres est visible sur le site de la Gazette de l'hôtel Drouot.

Mercredi 1er avril

Cet été à St-Yrieix aura lieu (juillet et août) à la Galerie de l'Hôtel de Ville, l'exposition "Un visage est un paysage". Les artistes en herbe de l'école primaire Maurice Ravel que j'ai le bonheur de pouvoir guider en art plastique ont réalisé le portrait de leur copain ou de leur copine, ceci en kaolin puisque nous sommes dans la ville de St-Yrieix où fut découvert le Kaolin par Jean-Baptiste Darnet. En vérité le kaolin fut découvert par sa femme qui lavait son linge et s'étonna de la présence de cette substance blanchâtre dans l'eau, elle en parla donc à Jean-Baptiste qui fit analyser l'eau par un pharmacien. Si elle n'avait pas eu l'idée d'en parler, il n'y aurait jamais eu cette découverte à St-Yrieix ! Donc, ces petits bustes ont été cuits par Patrick Audevard porcelainier à St-Yrieix et feront l'objet de l'exposition :"UN VISAGE EST UN PAYSAGE".

Je reviendrai plus tard sur les portraits peints en pensant au peintre Arcimboldo car ces peintures (environ 40 x 60) représentent des visages peuplés de fruits, de fleurs, d'oiseaux, d'arbres ;ce sont des portraits anamorphiques réalisés par les mêmes élèves que ceux qui ont réalisé cles petits bustes

En troisième lieu et très prochainement sur le site de Corine je parlerai de la réalisation de fauteuils-fleurs et fauteuils-paysages réalisés par les élèves de la classe CLIS de l'école primaire Jules Ferry suite à la visite de l'exposition "Fauteuils d'Artistes" à la Galerie A CONTRARIO de LIMOGES. Visite commentée plus haut toujours sur ce site.

 

Dimanche 5 avril

Je pense qu'avec ces deux numéros 315 et 316 publiés aux Editions de l'Amateur, j'en suis à mon quinzième ou seizième livre relatant diverses périodes de mon parcours. Ces deux derniers livres - textes et dessins - me tiennent particulièrement à coeur, voici la raison pour laquelle certaines pages viendront de temps à autre ponctuer mon journal de bord sur le site de mon amie Corine.
Vendredi 10 avril

Je viens d'apprendre que pour la Nuit des musées, le musée de la Création franche de Bordeaux-Bègles fera des lectures de livres d'artistes que publient Blanche-Marie et Alain Arnéodo. Les oeuvres des artistes dont on lit les écrits ponctuent cette soirée. L'écrivain et acteur Claude BOURGEYX a retenu deux de mes livres, Sauvetage en mère (mon premier livre édité par les éditions de l'Amateur) et Graines d'Anamour, pour en donner des extraits. On me signale également que des marque-pages représentant des totems figurant au Grand Banquet (mon expo à Tours du printemps dernier) sont en vente sur le net !... Il s'en passe des choses sur la grande toile !..

Tout est à vendre, SAUF MON ÂME !...

Parce que Damien Hirst ne pourrait l'empailler, du moins, je l'espère car on n'arrête pas le progrès !

Passez la souris sur l'image


C'est le premier livre, il contient surtout des bribes de pensées. Tous les autres sont des récits plus denses.

 

Dimanche 19 avril

Ce sont des éditions d'écrits d'artistes ; ces livres ne sont pas en vente, ils sont chez des collectionneurs et dans les endroits tels que le musée de la Création franche à Bègles, La Collection de l'Art Brut à Lausanne (collection de Dubuffet), la Halle Saint-Pierre à Paris, etc. Les étudiants en arts plastiques peuvent ainsi les consulter dans la bibliothèque de l'Art Brut à Lausanne et à la "Création Franche".

 

Mercredi 13 mai

Trois mecs ont guidé mes pas dans la création : BACON et Paul REBEYROLLE en peinture et LEO l’anar, le poète qui préconisait l’emploi « des mots sans culotte, sans bande à cul ». Ma rencontre avec Paul REBEYROLE eut lieu à VENCE chez MAEGHT lors de son exposition. Je ne sais comment nous en sommes venus à bavarder, sûrement grâce à l’aisance verbale de Jean-Noël qui m’accompagnait et soudain Paul me demanda : « Vous êtes peintre ? Vous avez quelque chose sur vous… des photos, que je puisse voir ? » Je répondis que non mais que j’avais dans mon sac un livre écrit et illustré par moi Graines d’Anamour tiré à très peu d’exemplaires. Je le remis à Paul REBEYROLLE qui le feuilleta et se mit à déclarer de sa voix forte « La relève est assurée, la relève est assurée » - J’étais un peu sonnée par ce compliment qui dépassait mon entendement, le sanglier (c’est ainsi que l’on nomme REBEYROLLE) trouvait dans les gouaches de Graines d’Anamour « la relève » !

J’étais tellement abasourdie qu’au lieu de lui laisser le livre je lui déclarai qu’il fallait me le rendre, qu’il était tiré à très peu d’exemplaires, etc. et Paul me rendit la chose comme à regret. Jean-Noël très étonné me dit « Et bien, heureusement que c’est ton peintre préféré ! Pourquoi ne lui laisses-tu pas le livre ? Tu en as encore quelques exemplaires. » Je retournai immédiatement présenter mes excuses à Paul qui tout souriant passa le livre à Papou qui le mit dans son sac ; une belle histoire que celle de Graines d’Anamour -

Passez la souris sur l'image

Info

L'Espace Culturel André Malraux présente l'exposition "UN MUSEE IMAGINAIRE".
J'y ai deux oeuvres - "UN MUSEE IMAGINAIRE" montre une partie des oeuvres d'un grand collectionneur du Midi de la France, un clin d'oeil (précise le communiqué) à l'oeuvre d'André MALRAUX et au cinquantième anniversaire de la création du Ministère de la Culture -

Nocturne le vendredi 3 juillet de 9 h à 21 h et à 21 h apéro film avec la projection sur grand écran de Séraphine de Martin Provost (le film aux 7 Césars 2009) avec Yolande Moreau - la vie de Séraphine de Senlis bergère, femme de ménage et peintre.

Espace Culturel André Malraux - Château des Baumettes de Villeneuve-Loubet (06) sur la RD 6007 en venant de Cagnes-sur-Mer.
Du 16 mai au 16 juillet 2009 (les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9 h à 16h30 et le samedi de 9 h à 13h).
Ouvertures exceptionnelles les dimanche 17 mai et 21 juin.

 

Mardi 19 mai

Ces encres sont la suite de ma série des "DORMEUSES". Je les trace au pinceau japonais et à l'encre de Chine. Il faut un geste très sûr, c'est un tracé "sans filet" ; ce sont les nombreux croquis réalisés lors de tournages de films ainsi qu'aux fêtes de la Vigne à Dijon qui m'ont permis d'acquérir ce trait ferme mais "enlevé" - Les groupes folkloriques venus du monde entier ne passent que quelques minutes sur scène, il faut CAPTER le mouvement, le tracer sur le bloc de dessin... pas le temps de se poser de question -

Dans les années 80 j'avais un "laissez- passer"pour croquer les danseurs dans les coulisses et partout où je voulais, c'est bien souvent en compagnie du peintre André PATTE que j'allais "capter le mouvement" des danseurs puis, un jour, il décida que j'irais seule et, ce jour là, j'ai eu la peur de ma vie de me livrer à cela en public en solo, mes doigts serraient de toute leur force le crayon et puis, prise par le spectacle, ça allait tout seul, la main dansait sur le papier, les lignes devenaient légères comme des arabesques, oui ce sont bien ces scènes de mouvement captées par les yeux et la main qui m'ont donné ce trait précis mais qui garde toute sa légèreté, l'arabesque n'est pas à l'abri d'une tache d'encre mais, certaine fois, le hasard fait si bien les choses !


 

C'est grâce à ces croquis que j'ai été invitée à exposer sur l'île de ZANTE (ZAKYNTHOS) en GRECE, Angelos VISVARDIS qui consacre une partie de sa vie à reconstituer le folklore grec avait voulu que je lui donne quelques croquis "je vous supplie vous donner pour mon groupe, souvenir"), ma générosité fut bien récompensée, il m'invita peu de temps après en 1984 à exposer en Grèce. Puis PITSA son amie voulait que j'expose à l'Institut français d'Athènes, Mélina Mercouri alors ministre de la culture était amie avec Angelos VISVARDIS mais je ne me trouvais "pas prête".

J'avoue aujourd'hui trouver ridicule de ne pas avoir accepté pour l'Institut français d'Athènes mais, c'est comme cela !

 

Jeudi 4 juin

La préparation de l'exposition oscille entre les Adorateurs du Poisson Rouge et des encres accouchant de dormeuses végétales pour certaines - J'ai cherché une technique qui puisse faire parler la tâche sans pour cela livrer une épreuve style "RORSCHACH". Une série de petites toiles ont précédé ces encres - Il s'agit pour la plupart de profils réalisés avec des laques, la nouvelle stratégie avec cette matière est d'en apprivoiser la mouvance, les laques sont visqueuses et glissent sur la toiles. Petites ou grandes toiles, l'essentiel est de donner la priorité à l'espace, le geste du faiseur ne serait donc que cela, la mise en valeur de l'espace, un peu comme si tout s'en allait dans un ailleurs lumineux ou, du moins, voulu comme tel, couvrir, recouvrir et découvrir... l'art plastique chemine toujours dans l'irrationnel et c'est tant mieux -

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Dimanche 7 juin

Le grand profil est une toile (93 x72) - J'ai tenu à laisser parler l'espace un peu comme si je traçais un diagramme dans l'air, c'était, a contrario, très gestuel et précis. Ce morceau de peinture pourrait être le ciel ou la terre ; ce pourrait être tout aussi bien la nature qui accouche d'un profil. Les encres demandent une main sûre.

Ce matin je pensais que le peintre a toujours des problèmes à résoudre avec le support, la matière et l'espace, rien ne réagit exactement de la même manière, tout entre en jeu lors de la réalisation d'une oeuvre (du verbe oeuvrer) : le climat, l'état du faiseur, la qualité des matériaux et, en fait, je me demandais également si l'artiste ne guérit pas ses angoisses à résoudre ou tenter de résoudre les problèmes que soulève forcément la création.

 

Dimanche 19 juillet

Guernica sous les bombes, avril 1937, la vie surprise dans son élan, tout s’arrête en plein marché, tout vacille, la vie éclatante des couleurs du Sud se fige soudain dans le gris de l’absurdité humaine.

J’aurais dû respectueusement ne pas mettre de couleur mais j’ai tenu à parler de ce ciel bleu du Sud, j’ai tenu à symboliser le peuple par ce cheval blanc et la violence par cette forme noire dont on ne voit que le mufle et cette croix rouge sang.
Le personnage principal n’est pas ce mort au bas à gauche de la toile mais cette femme bien vivante qui lutte de toutes ses forces contre l’absurde fatalité.
Elle a le courage immense de ses congénères, elle sait la VIE, elle sait la LUTTE !
Je ne milite pas pour les droits de la femme mais je tiens à rendre hommage à toutes les femmes artistes dont la force plastique est très souvent occultée.
La femme rageuse de ma toile hurle sa force de vaincre la bête immonde qu’est la guerre.
Elle sait que le mot RACE doit être banni du vocabulaire.
L’oeil-lampe du centre de la toile dit la conscience du monde.
Les mains vierges de toute rancœur de la femme à droite de la toile annoncent l’espoir.

 

LA ROQUE d'ANTHERON présente "15 Regards sur Guernica" par 15 artistes contemporains du 2 au 30 août 2009 -
15 artistes aux personnalités fortes dans l'affirmation de leur art offrent dans le Dortoir de l'Abbaye de Silvacane leur propre relecture de GUERNICA.
Il s'agit des plasticiens suivants :
Joseph Alessandri - Bolognesi - Gérard DROUILLET - Catherine DUPIRE - FRANTA - Jeanne GERARDIN - Marc GIAI-MINIET - Abraham HADAD - D. JACQUI - BEN AMI KOLLER - Serge LABEGORRE - Claude MASSE - Serge PLAGNOL - Pascal VERBENA - Frank WOLFAHRT -

VERNISSAGE LE 1er AOÛT 2009

Tel de l'Abbaye de Silvacane : 04 42 50 41 69

Dimanche 16 août

La ville de St-YRIEIX m'a demandé de faire intervenir les passants, touristes, grands et petits, sur des bâches tendues à cet effet dans différents endroits de la ville.

Mon thème est donc LES CALLITAGS DE SAINT-YRIEIX. Un clin d'oeil à la sacralisation des tags entrés tout récemment à la Fondation CARTIER jusqu'au 29 novembre pour l'exposition "Né dans la rue - Graffiti", donc "Nés à SAINT-YRIEIX - Les CALLITAGS" (mot que j'ai inventé pour l'occasion) font la joie des passants car les couleurs de l'ensemble des bâches sont flashies !


Place de la Nation, j'ai eu la joie de faire s'exprimer des garçons de 14 à 17 ans. Anatole m'a aidée à intégrer ce petit groupe de "djeunes". Pouyou a démarré la bâche et, au gré de leur volonté, d'autres y ont mis leur griffe sous forme de signature ou de tags. Je ne veux pas entrer dans l'esthétisation du TAG c'est pourquoi j'emploie le terme "CALLITAG" ; je tiens à ce que grands et petits s'expriment en prenant comme point de départ leur prénom ou diminutif et je leur propose de dessiner au pinceau une petite figurine qu'ils savent parfaitement tracer pour enrichir le callitag. Ensuite je leur demande de regarder l'ensemble de la bâche et de donner de la force à ce qu'ils viennent de tracer d'après cet ensemble.

Notre bel été à 30 ou 35° me voit interpeler les passants (petits et grands) pour les faire participer sous un soleil brûlant.

Passez la souris
Passez la souris

Samedi 5 septembre

Après avoir assuré le commissariat de l'exposition d'été "Sculpture au Féminin" à LIMOGES, exposition qui dure jusqu'au 27 septembre à la Galerie des Hospices avec des pièces de Camille CLAUDEL - Louise BOURGEOIS - Isa BARBIER - Marinette CUECO - Françoise VERGIER - Christine O'LOUGHLIN - NIKI de ST-PHALLE - Marta PAN et Germaine RICHIER.

Hubert de BLOMAC présente en écho du 8 septembre au 17 octobre 2009 en sa Galerie A contrario :

"FEMMES SCULPTEURS" : Anne BOTHUON - Catherine DUPIRE - Agnès BAILLON, etc...

J'y ai les "chaises totems oiseaux mondains" et des sculptures de porcelaine dont la "Déese Cactus" sacralisée sous un cube de verre.
Les sculptures molles d'Anne BOTHUON dialoguent dans la même salle - les plumes des chaises totems et l'éclat des sculptures en porcelaine se marient à merveille avec les sculptures molles d'Anne BOTHUON scarifiées par des fils rouges.

Samedi 5 décembre

VACCINATION-PERFORMANCE : voici le gamin que j'ai eu après le vaccin, je l'ai appelé Tchernobyl
VIVRE EST UN RISQUE : JE LE PRENDS!!!!!!
Photo de Sophie GAURY

Mercredi 23 décembre

... 2009 s'achève de manière GRANDIOSE : ayant été informée voici un an que mon projet concernant la bibliothèque d'une petite ville de CORREZE avait été retenu, je planche davantage, me voici fin prête et ravie de pouvoir faire installer le projet sur le fronton d'une bibliothèque de CORREZE.
Nous allons avec le conseiller artistique de la DRAC en demander la fabrication à l'identique chez un grand porcelainier de LIMOGES.
Le projet intéresse tout le monde, chouette, je nage dans le bonheur.

Rendez-vous est pris auprès de la dame maire de la petite ville, nous roulons joyeusement vers la mairie.
Arrivés au R.V. la dame nous accueille et nous informe que des "jeunes" présentent également un projet. Nous ne comprenons pas mais pensons qu'il s'agit de lycéens et entrons ; là nous voyons un couple d'une quarantaine d'années ayant installé sur une table leur ordinateur, la dame maire du pays nous déclare :"Vous comprenez, cette affaire a trop traîné, nous nous sommes adressés à d'autres" - en fait le conseiller artistique avait été en arrêt maladie et le projet, repoussé, puisque c'est lui qui le présentait.

Le coup nous est tombé dessus, FOUDROYANT !

Le conseiller demande des explications, la dame répond qu'ils se sont tournés vers ces djeunes du pays (enfin, heum, djeunes, je veux bien).
Des paroles flottent au-dessus de cette situation inattendue :
- Pourquoi m'avoir laissé venir vous présenter l'artiste Catherine Dupire dans ce cas ?
- Monsieur cette histoire a trop traîné.Là je pense qu'il ne faut pas être malade car pour cette femme c'est IMPARDONNABLE !

Les pseudo djeunes déballent le projet. Il est des choses que je pense et que je veux garder pour moi en tant que jugement. Nous vivons une époque où la discussion ne peut avoir lieu, la langue de bois étant de rigueur et les gens devenus pleutres par "cette peur de tout" orchestrée par les médias, donc je ne jouerai pas la brave à pousser plus loin l'aventure verbale... mais les natures mortes au camembert s'étiolant auprès d'un pichet de vin ont de beaux jours devant elles !

J'ai donc appris une chose dans cette mésaventure : au-dessous d'une certaine somme fixée dans la convention des 1%, le ou la maire de la ville peut décider seul ou seule du choix de l'oeuvre. Le brassage d'air et les moulinets forts de l'assurance du faiseur ont aussi une importance capitale... Je n'étais, contrairement aux apparences, pas de taille à jouer à cela.

Je remercie le conseiller artistique d'avoir mené à bien la présentation du projet, il s'en est pris plein la tête aussi, mais on ne peut rien contre la rusticité.

Carlier mon galeriste m'avait dit il y a des lustres : "L'artiste est toujours le bouffon, il faut que tu le saches"...
OH YESSSSSSSSSSSSSSS I KNOW !


Dans l'éclaboussant soleil des bâches

réalisées en ville par petits et grands

sous l'égide de Catherine DUPIRE à St-YRIEIX

Samedi 23 janvier

 

 

Lundi 25 janvier

En septembre j'avais écrit Aux Arnéodo une lettre parlant de mon nouvel atelier en ville et je citais quelques réflexions après lecture de La Vie possible de Christian Boltanski propos recueillis par Catherine GRENIER (éditions du Seuil). Certains propos de Boltanski ramènent à l'enfance et, justement, trois points communs nous réunissent. Je n'aimais pas me laver tout comme lui. Je n'aimais pas que l'on me coupe les cheveux, j'avais l'impression que je perdais de mes forces. Et, troisième point commun, concernant le coeur : j'aimais écouter battre mon coeur dans les spirales métalliques du sommier.

 

Lundi 8 février

C'est une exposition très intéressante qui se tient actuellement à la Galerie A 39 de LIMOGES, en effet y sont exposés 30 projets d'artistes concernant la métamorphose des armes en oeuvre d'Art, exposition réalisée à la demande de Simone Ascher.


J'ai donc travaillé sur le projet suivant : un révolver qui, "révolvé", devient la sculpture suivante, une voiture non polluante puisqu'électrique, la structure est réalisée dans de la tôle galvanisée recouverte de peinture polyuréthanne d'une couleur assez ludique mais s'incluant dans le site dans lequel la sculpture sera placée.

La seconde oeuvre figure dans la vitrine de la galerie, il s'agit de La Vie en Rose Quelle Connerie : un révolver rose collé sur un profil transperce par un "SPLATCH" inscrit en blanc sur un coeur rouge sang auquel il manque un morceau.

Lundi 22 février

Je ne sais si c'est le 8 ou le 9 février que j'ai appelé Christian Boltanski afin de savoir s'il avait bien reçu Table restante la correspondance mise sous forme de mini opus par les Arnéodo dans la collection l'Amateur.

Un mail de mon très cher Claude BOURGEYX m'indiquant sa joie d'avoir consulté le texte et les dessins de ce mini opus m'enhardissait et je composai le numéro de téléphone de Christian BOLTANSKI . Une sonnerie, à la deuxième sonnerie je me dis : "et s'il décrochait?"...
Banco ! Sa voix chaude et calme je la connais bien à travers toutes ces interviewes accordées à différents media concernant l'Opéra qu'il donne au Grand Palais dans le cadre de MONUMENTA. Je lui ai envoyé ce mini opus suite à une lettre adressée aux ARNEODO et relatant la joie d'avoir lu La Vie possible de C. BOLTANSKI propos recueillis par Catherine GRENIER aux éditions du Seuil. La voix de Christian BOLTANSKI pénètre dans le pavillon de mon oreille gauche et je me lance : "M. BOLTANSKI ? Je m'appelle Catherine DUPIRE, ce n'est pas une blague, c'est vraiment mon nom. Je vous ai envoyé un très petit livre, il s'agit d'une de mes lettres relatant ma lecture de La Vie possible - et qu'à ma grande surprise les Arnéodo ont publiée -j'y parle du retour à l'enfance, ce retour vers l'enfant que nous étions, chacun de nous avec déjà nos différences, nos façons de bricoler pour fixer le temps... l'enfant avec ses convictions, SA FORCE, etc...
Il me répond : "C'est très gentil de me l'avoir adressé mais je n'étais pas sur Paris. Je viens de rentrer et je n'ai pas encore pris connaissance de mon courrier".

Et là, je pense à tous ces prétentieux rastaquouères qui vous envoient sans cesse vous faire voir ; ces gens aux ridicules petits pouvoirs, ou ces badigeonneurs du dimanche qui se prennent toujours pour de futurs Vinci que l'on ne peut déranger et je me dis que toute l'admiration que je porte à l'expression de BOLTANSKI est juste !
Je l'assure de la force de ses propos concernant le retour aux convictions de l'enfant que nous fûmes, lui, moi, les autres, et le remercie d'oxygéner la boîte crânienne des plasticiens.
Sa voix tranquille et douce me répond : "C'est moi qui vous remercie de vos propos." J'ai insisté sur la provenance de la missive : "St-Yrieix" et lui ai dit aurevoir. Alors, si souvent dans mon atelier je me pose l'angoissante question "CHE FARE ?" j'aurai toujours dans la tête cette voix chaude et tranquille comme un GRAND SOLEIL, un coin de ciel bleu, pas le bleu KLEIN mais le bleu BOLTANSKI.

 

Jeudi 18 mars

Un mercredi de mars 2010, le 17 exactement...
Ce matin en l'église des Saints Anges de Limoges, nous étions tous là devant le Christ de votre ami Robert Aupetit et deux toiles peintes par vous juste avant votre grand voyage vers l'Eternel.
Il y avait ce merveilleux frère DIDIER dont parle BOLTANSKI dans les propos recueillis par Catherine GRENIER. Frère DIDIER m'a invitée à venir à l'Abbaye Blanche.
Vous êtes connu pour votre chamanisme, SANFOURCHE, en voici la preuve : j'avais fait mes adieux à certains au sortir de la messe ne comptant pas me rendre au cimetière mais mon amie Sophie GAURY me dit que j'avais le temps d'y aller.
Je prends la voiture, je la gare vers le cimetière et nous dépassons la file suivant le fourgon funéraire lorsque le conducteur du fourgon nous dit de monter car votre dernière demeure est loin et le cimetière immense.
Nous montons, moi devant entre les deux hommes et Sophie derrière au milieu des fleurs ainsi assise à côté de votre cercueil et savez-vous bien que nous avons ri, nous étions calmes et joyeuses d'ainsi vous accompagner...
L'après midi j'avais mon atelier d'art plastique avec les enfants et j'ai dû expliquer cela à Quentin le petit garçon dans la classe de qui j'intervenais en A.P. et à qui j'avais dit de vous envoyer ses peintures et auquel vous aviez écrit deux grandes lettres.
Jean-Joseph SANFOURCHE, j'avais trouvé extraordinaire le fait de répondre ainsi à Quentin et je vous en aimais davantage.
Les artistes ont cette extraordinaire façon d'aller rejoindre les étoiles filantes qui scintillent à l'infini de nos espoirs.
Après la conférence de Jérôme FELIN intitulée "Le pas de l'Ange" j'ai peint des Anges ... La petite église dans laquelle nous vous avons rendu hommage s'appelle "église des Saints Anges".
Je ne crois pas au hasard.

 

Mardi 27 avrili

Ce magnifique printemps me voit étoffer l'histoire de "MIEI ANGELI DEL GIORNO".
Une série d'étonnantes petites toiles m'amène maintenant à traduire miei angeli sur de grandes toiles. Je ne peux en expliquer l'histoire. J'avais un impérieux besoin de rompre avec la couleur et sous mes doigts vinrent ces anges.
Je suis allée dans une de mes granges et j'ai trouvé à terre une image "la bonne nouvelle" ; j'ai cru d'abord qu'il s'agissait d'un ange. J'ai ramassé la petite image qui date de 1961, elle était intacte !
Je suis vraiment très troublée par cela, il s'agit d'un copiste transcrivant les Saintes Ecritures.
Je décide alors sur le champ que miei angeli del giorno seraient le thème de ce fabuleux printemps.
Plus je travaille sur ce thème et plus me vient cette joie du faire comme lorsqu'on était enfant et que le bonheur de bricoler nous faisait échapper à la réalité ... plonger en soi, se sentir exister veramente !
J'ai eu cette fugace pensée : le bocal des "Adorateurs de poissons rouges" serait peut-être le Calice... IL MIO DIO !
Je marche dans ce printemps avec tutta l'esperanza del mondo !

Image du copiste recto et verso lequel nous donne l'explication de "la Bonne Nouvelle". L 'image trouvée intacte dans la grange date de 1961 éditée par les chocolats Suchard. On collectionnait ces petites images pour en faire des albums -

 

Lundi 17 mai

J'avance sur le chemin de l'Ange, il m'attire dans des colloques concernant le territoire (CDLA), me mène aux lectures de la Nuit des Musées au CAUE : soirée comme bluette suspendant aux méninges toute la fantaisie qu'il faut pour braver la grisaille... merci à Lydie Valero et Micheline Zederman.
L'ange se pose un instant sur le bras de la destinée, un bras en or qui donne les cartes, de bonnes cartes certaines fois : il annonce que le trio Catherine Dupire, François Burland et Kurt Haas expose sous la houlette de Sophie Gaury, Phil Smith et Olof gallery, de nouveau à NEW YOR CITY (juin-juillet) : Outsider art show in West Hampton Beach - ainsi qu'à ST PETERSBURG (RUSSIA - juin et juillet) et AMSTERDAM en septembre.
Les encres y voyageront protégées par l'Angelo del giorno (huile/toile récemment réalisée).

... Une phrase en italien pour s'accrocher le soleil au coeur

"vi auguro tutto il blu del cielo per la vostra giornata".

Catherine Dupire page 2 sur 3
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